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Mes Coups de cœur séries (et leurs costumes…)

Hello ! Aujourd’hui je vous propose un article un peu différent pour vous partager (sans vous spoiler si vous ne les avez pas vu 😉 ) mes quatre coups de cœur séries que j’ai eu l’occasion de poursuivre ou de découvrir pendant le confinement. Toutes mettent à l’honneur des femmes, leurs histoires et leurs combats de tous les jours. Certaines se déroulent dans des époques antérieures, d’autres se passent actuellement. Leur point commun ? Elles retentissent toutes comme un rappel: ce qu’il s’y passe peut être vrai hier, aujourd’hui comme demain. L’autre raison pour laquelle je les apprécie, tout comme j’adore regarder des films, est le travail apporté à la création ou le choix des costumes, ce qu’ils signifient et le lien persistant entre vêtements et identités.

MRS.AMERICA

J’ai commencé à regarder Mrs.America un peu par hasard et j’ai été agréablement surprise. J’ai tout d’abord pensé que l’histoire s’intéressait uniquement à la lutte pour les droits des femmes dans les années 1970, mais il s’agit de bien plus que ça. En plus de dépeindre les difficultés rencontrées par les femmes pour faire valoir leurs droits face à un monde dominé par les hommes, la série va plus loin, mettant en exergue les disparités au sein même de la gent féminine sur le sujet. Je vous explique: Mrs.America nous montre, sur une décennie, la lutte pour la ratification dans la Constitution américaine par tous les Etats américains de l’ERA (Equal Rights Amemdment) menée par le MLF (Mouvement de Libération des Femmes) avec entre autres des féministes telles que Gloria Steinem ou Shirley Chisholm. En face, se trouve la redoutable Phyllis Schlafly (impressionnante mais flippante Cate Blanchett), une mère au foyer conservatrice républicaine, qui va mener à la tête de son mouvement Stop ERA, un combat pour empêcher la ratification de cet amendement. Les désaccords sont présents au sein même des deux parties et autant vous dire que ça chauffe ! Je ne vous en dis pas plus sur le sujet, je vous laisse le plaisir de le découvrir… Ce qui nous intéresse aujourd’hui, ce sont les costumes qui débordent d’authenticité tant au niveau de la reproduction des styles vestimentaires de ces figures féminines emblématiques (en témoignent les photos personnages VS personnes publiques) que par l’époque qu’ils symbolisent. Il faut dire que ces costumes ont été créés spécialement par l’équipe menée par la costumière Bina Daigeler en se basant sur des images d’archives. D’autres sont des pièces vintage de créateurs comme Diane Von Furstenberg ou Yves Saint Laurent.

D’un côté, se trouve Phyllis Schlafly et ses camarades ultra-conservatrices, toutes coincées dans le mode de vie traditionnel des années 1950 (convictions et vêtements confondus), dans le schéma patriarcal. Les tenues sont celles de la parfaite femme au foyer américaine: robes ou jupes longueur genou avec petits cardigans en laine et blouses couleurs pastels, tabliers impeccables, coiffures soignées. Aucun pantalon. A l’occasion d’ apparitions publiques, Phyllis arbore des couleurs plus marquées comme le rouge carmin, également une grande croix catholique pour montrer clairement ses convictions. Il en est de même avec les pins « Stop ERA ».

De l’autre côté, se trouvent les féministes dont le style est plus bohème et décontracté. Elles s’habillent selon leurs envies et non celles des autres. Chacune a sa propre personnalité comme Shirley Chisholm, première femme noire à avoir été élue au Congrès (en 1968), avec ses imprimés colorés. Gloria, quant à elle, est la fondatrice de la revue Ms.Magazine. Elle est l’une des figures reconnaissables du mouvement pro ERA de par ses longs cheveux coincés sous ses iconiques lunettes aviateurs. Elle porte au début des années 1970 des minijupes, des imprimés psychédéliques, des ceintures qui soulignent sa taille fine et des bottes, puis se tourne vers des t-shirts et paires de jeans Flare au fur et à mesure des années. Simple et efficace. Pour elle, comme pour ses camarades, l’important n’est pas son apparence mais ce qu’elle a à dire. Il y aurait encore tellement à dire sur les autres personnages comme Bella Abzug et ses chapeaux et bien d’autres. A vous de les découvrir ! ( la série est en cours de diffusion sur Canal +)

PS: le générique est excellent 😉


UNORTHODOX

En une phrase, Unorthodox est une pépite ! Il s’agit d’une minisérie Netflix, créée par Anna Winger et Alexa Karolinski, de seulement quatre épisodes. La touchante Shira Haas y interprète le rôle d’Esther, une jeune femme qui décide de partir de sa communauté juive ultra-orthodoxe, située dans le quartier de Brooklyn à New York, pour mener la vie qu’elle désire à Berlin. Mais tout ne va pas s’avérer si facile entre nouvelle adaptation et découverte de nouvelles libertés et membres de la communauté qui partent à sa recherche… Au travers des épisodes et l’alternance de moments passés (au sein de la communauté, de son mariage) et présents (à Berlin avec ses nouveaux amis), nous sommes littéralement plongés dans deux univers différents. Ce choc de croyances, de convictions est travaillé avec les costumes d’Esty (surnom du personnage). On pourrait même dire qu’il y a deux Esty. La première, tout d’abord, qui a grandi et vit au sein de cette communauté hassadique de Williamsburg avec ses coutumes, ses règles, notamment en termes d’apparence: Il y a bien entendu les vêtements traditionnels pour les hommes, la robe de mariée opulente, les perruques et les foulards pour les femmes et leurs vêtements sobres, les colliers de perles… la série est forte d’authenticité avec un soucis du détail particulier. Les costumes ont notamment été achetés en seconde main.

Et puis il y a l’autre Esty, celle qui doit s’adapter à d’autres pratiques et modes de vie, celle qui doit modifier sa façon de s’habiller en portant pour la première fois une paire de jeans. Celle qui abandonne sa perruque et dévoile son crâne rasée que les filles trouvent -dans une scène drôle et touchante au sein des toilettes d’un club- « cool » tandis que le personnage se met du rouge à lèvres. Nous sommes alors les témoins d’une jeune femme qui se cherche, essaye, se découvre, construit sa propre identité. Une série à ne pas manquer qui nous fait explorer les mondes dans le Monde.


L’AMIE PRODIGIEUSE

La série L’amie prodigieuse est l’adaptation du best-seller d’Elena Ferrante. L’histoire d’une amitié forte qui débute dans les années 1950 entre deux petites filles, Elena et Lila, dans une banlieue pauvre napolitaine. Oscillant entre amour, envies, parfois jalousies, la relation si particulière entre les deux fillettes ne cesse d’évoluer au fil des étapes et des épreuves de leurs vies, nous permettant ainsi de les observer à l’adolescence et aux prémices de l’âge adulte. Bien que chacune trace son propre chemin, la vie les amène indéniablement à se retrouver au détour de celui-ci.

La série sait très bien recréer les décors, l’ambiance, mais aussi la réalité du quotidien des différentes familles du quartier selon leur position sociale (celles qui contrôlent le quartier et celles qui travaillent pour les premières) et les choix ou possibilités qu’elle implique. Entre ceux qui poursuivent leurs études dans l’espoir de partir un jour et ceux qui restent travailler dans les commerces du coin. Ou encore les inégalités entre les différents types de commerces: boulots ingrats ou épiceries florissantes.. Une lutte des classes qui se traduit par les vêtements des personnages. La famille Carracci, par exemple, détient le pouvoir et l’argent et la famille de Lila fait partie de la majorité très modeste du quartier.

Si les visuels retranscrivent si bien le livre et surtout l’époque, c’est grâce au travail d’Antonnella Cannarozzi qui s’est occupée des costumes jusque dans les détails des coupes ou des accessoires pour dévoiler la psychologie et la personnalité de chaque personnage. Pour cela, l’équipe de stylistes s’est plongée dans des albums de familles napolitaines mais s’est aussi inspirée des films de Rossellini, Visconti et Pasolini. Tandis que les tendances vestimentaires vont bon train dans les années 1950, avec l’émergence du « style à italienne » sur la scène internationale ( en 1952, l’homme d’affaires Giovanni Battista Giorgini organise avec des stylistes un premier défilé à Florence), la mode paraît être un sujet bien lointain pour les habitants des quartiers pauvres comme celui de Lila, Elena et leurs amis. En effet, dans leur adolescence, la bande de jeunes est vêtue modestement, la plupart des vêtements étant réalisés à la main: principalement mailles et jupes avec plis creux ou robes aux tons neutres pour les filles. Les garçons portent des pantalons larges, des chemises avec cols italiens (plus évasés), des vestes courtes, souples aux épaules moins structurées et un boutonnage simple à l’image du style des tailleurs italiens qui rivalisent avec leurs concurrents de Savile Row en Angleterre et leurs vestes très étroites.

Lorsque les deux amies grandissent et arrivent à l’âge adulte, notamment dans la saison 2, leurs parcourent divergent. Alors, la coupe des vêtements, les accessoires et même les matières ou la tonalité des couleurs symbolisent très bien la situation dans laquelle évolue le personnage tant en termes de position sociale que d’état psychologique. Je vous conseille vivement cette série plus que prenante avec un petit coup de cœur pour la musique de Max Richter. Elle intervient avec justesse selon les scènes, remplaçant parfois les dialogues tout en mettant à notre portée tout l’enjeu ou les sentiments de certaines situations. La série est à retrouver sur Canal +.


WHY WOMEN KILL

Dernier coup de cœur pour Why Women Kill, une série créée par Marc Cherry (le papa de Desperate Housewives) dont le pitch se résumerait en: 3 époques, 3 femmes, 3 meurtres, 1 maison. De part sa construction et par son visuel impactant, la série reflète parfaitement l’idée que la mode et la manière de s’habiller sont liées à une temporalité et ses codes sociaux. Je ne vais pas en dire plus sur chaque histoire, cela vous gâcherait le plaisir si vous n’avez pas commencé la série, mais je vais m’intéresser aux costumes pensés par Janie Bryant, qui avait entre autres créé les costumes de la série Mad Men. Commençons par Beth Ann (interprétée par Ginnifer Goodwin), en 1963, une femme au foyer qui vit encore dans les années 1950 avec un style très traditionnel: robe chemisier américaine aux tons neutres ou robe corolle aux couleurs vives avec la taille marquée qui laisse se dévoiler les chevilles, mise en plis impeccable, colliers de perles et boucles d’oreilles accordées, petits chapeaux, gants.

En 1984, Simone (Lucy Liu), quant à elle, mène une vie mondaine dans l’exubérance la plus extrême et cela se voit avec son look typique des années 1980 ! L’opulence, l’opulence et encore l’opulence: couleurs criardes, coiffures ultra laquées, maquillage marqué… L’important est de montrer sa position sociale, l’argent que l’on a, alors on sort les tailleurs cintrés aux épaules XXL à la Christian Lacroix, les matières luxueuses et les bijoux, diamants, ou encore les chapeaux aux larges rebords. Les robes de soirées sont chics et graphiques. En bref, Simone est toujours tirée à quatre épingles, même lorsqu’elle fait son jogging !

En 2019, c’est le personnage de Taylor ( Kirby Howell-Baptiste), que nous retrouvons. Avocate bisexuelle, elle vit un mariage libre avec son mari Eli. Le personnage possède un style qui représente bien sa personnalité, sa force, ses responsabilités comme sa vulnérabilité, avec un mélange masculin-féminin: beaucoup de vestes en cuir, pantalons et jeans slim dans des tons neutres, des métaux bruts et imposants pour les bijoux, des chaussures signées Jimmy Choo ou Valentino. Elle peut aussi avoir un style décontracté, voire sportwear chez elle comme un style pointu en portant un ensemble veste pantalon bleu éclatant pour le travail. Why Women Kill est à regarder sans modération (à retrouver sur M6).

Et vous, quels sont vos coups de cœur séries ?

Photos: Sabrina Lantos/ FX, Eduardo Castaldo, Fremantle/ Canal +, Anika Molna/ Netflix, Ali Goldstein/CBS

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