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L’exposition Yves Saint Laurent, les coulisses de la Haute Couture

Hello ! Je vous retrouve aujourd’hui, après un moment d’absence, pour partager avec vous ma visite de l’exposition Yves Saint Laurent, les coulisses de la Haute Couture* au sein du Musée des tissus de Lyon. Et quel meilleur endroit que celui-ci pour exposer le travail et surtout la collaboration du célèbre créateur français et des maisons de soieries lyonnaises ? Car oui il ne s’agit pas d’une exposition exclusivement focalisée sur Yves Saint Laurent et sa vie mais d’un regard sur son travail en transverse avec différents acteurs de la création dans le milieu de la Haute Couture. Lorsque nous regardons une création il nous arrive de la relier uniquement au nom délicatement brodé sur l’étiquette. Mais qui sont celles et ceux qui, dans l’ombre, ont contribué d’une manière ou d’une autre à sa réalisation ? Qui sont les petites mains des grandes maisons Lyonnaises ? Il est temps de plonger dans quatre décennies de travail au plus près des étoffes et de leurs secrets…

Nous sommes nombreux à connaître l’histoire d’Yves Saint Laurent, son parcours, son talent, je ne vais donc pas vous écrire sa biographie. Ce que l’on sait peut-être moins ,voire pas du tout, c’est que tout au long de sa carrière le créateur a collaboré avec plusieurs fabricants, soyeux et fournisseurs de tissus de la région lyonnaise. Et c’est ce que j’ai découvert au travers des vingt-cinq modèles de l’exposition dont la scénographie a été confiée à Nathalie Crinière.

La première création mise en lumière est une magnifique robe longue du soir de la collection été 1996, sublimant la silhouette avec un drapé travaillé au niveau de la poitrine, du décolleté et du buste, en mousseline de soie bleu imprimé iris dans les tons d’Améthyste et corail de la Maison Bucol. Cette dernière se développe surtout dans les années 1920 et tient sa renommée de son innovation et ses essais avec les fibres synthétiques ou artificielles. Aujourd’hui, la maison collabore toujours avec la Haute Couture en travaillant notamment avec Hermès.

Parmi les huit maisons de soieries lyonnaises avec lesquelles le créateur a collaboré il est impossible de passer à côté de l’entreprise Abraham. Réputée pour ses tissus à motifs, en particulier à fleurs (et aux noms souvent fantaisistes), la société collabore dès les années 1950 avec Christian Dior pour ses créations New Look. Lorsque Monsieur Dior décède quelques temps après et qu’Yves Saint Laurent prend la direction artistique de la maison, il découvre le travail d’Abraham et décide de poursuivre cette collaboration lorsqu’il ouvre sa propre maison de couture en 1961. Ci-dessous, un ensemble de la collection printemps-été 1990, un façonné avec une armure satin dont le jeu de lumière magnifie les couleurs.

Le talent et l’innovation de la Maison Abraham se dévoile aussi avec cette robe du soir de la collection automne-hiver 1986 et sa panne de velours qui révèle un motif irisé, lamé au doux nom de… « peau de vache » !

En ce qui concerne le velours, nombreuses sont les maisons ayant proposé leurs étoffes pour les créations d’Yves Saint Laurent, notamment la Maison Bouton Renaud ou encore la Maison Beaux Valette dont on découvre le travail sur cette robe du soir de la collection automne-hiver 1991 en velours noir. Ce modèle est la parfaite représentation du travail collaboratif entre plusieurs maisons, chacune spécialisée dans un domaine en particulier: si l’on se focalise sur le plastron, celui-ci est composé d’une guipure bordée d’un ruban de satin de soie et de dentelle Marescot et Hurel. Le tulle utilisé pour le voile provient lui aussi de la Maison Hurel. Il s’agit d’une maison qui propose depuis 1934 des collections de textile de luxe, à l’instar de la mousseline rose fuchsia pour cette robe de la collection automne-hiver 1995 (deuxième photo) et est spécialisée également dans les broderies.

Un autre textile qui attire notre regard lors de notre parcours est sans conteste le lamé proposé par la Maison Brochié: un tissu aux propriétés multiples par son étonnante légèreté et par son jeu de lumière avec ses fils de Lurex® or qui se mêlent à la soie. En témoigne la robe « Cléopâtre » de la collection printemps-été 1990.

Enfin, les créations conçues avec les tissus de la Maison Bianchini-Férier restent mes coups de cœur de cette exposition. Tout d’abord avec la robe du soir automne-hiver 1967 en crêpe de soie ivoire, parfait pour apporter un tombé impeccable au drapé du bas. L’ensemble est d’autant plus raffiné avec le galon brodé, les cordelettes tressées et les strass et sequins. Ensuite avec une robe du soir également, réalisée 20 ans plus tard, cette fois en mousseline grise avec un aspect légèrement crépon.

Pour finir, voici un petit extrait de planches de collection et photographies. Je vous recommande vivement d’aller voir cette exposition si ce n’est pas encore fait et n’hésitez pas à dire en commentaires ce que vous en avez pensé 😉

*Jusqu’au 8 Mars au Musée des tissus, 34 rue de la Charité à Lyon.

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