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La croisière s’amuse !

Cette semaine, petit focus sur les collections croisières. Je ne vais pas parler des meilleurs plans pour partir naviguer aux quatre coins des mers 😉 mais des collections croisières des maisons de couture. Encore des défilés de mode ? Il y en avait encore il n’y a pas si longtemps me direz-vous. Oui….et non…En réalité les maisons présentent deux grandes collections pour les deux saisons Printemps/ Été d’une part, Automne/ Hiver de l’autre. En plus de cela, elles imaginent des « mini » collections de mi-saison: les fameuses collections croisières. Depuis les années 1920 elles permettent de proposer un vestiaire qui attire davantage d’acheteurs. Il s’agit donc de pièces plus abordables (tout est relatif) mais surtout plus faciles à porter au quotidien à l’inverse des modèles des grands défilés de Fashion week qui sont les moments forts et l’occasion pour les marques de manifester leur ADN, leurs idées créatives les plus poussées. Les présentations des défilés croisières -appelées aussi resort– se sont achevées tout juste il y a une semaine, focus donc sur trois d’entre elles avec Chanel, Dior et Louis Vuitton…

Les défilés croisières sont l’occasion de démontrer la créativité et l’imagination des grandes maisons dans des mises en scène aussi impressionnantes que pour leurs grandes sœurs à commencer par Chanel. Karl Lagerfeld, directeur artistique de la maison française, que l’on ne présente plus présentait sa collection composée de 88 looks le 3 mai au sein même du grand palais. Lieu de prédilection pour Chanel, il était à cette occasion plongé dans une ambiance nocturne avec en toile de fond un gigantesque paquebot amarré à un quai et habillé du mot La pausa. Nom qui n’est pas inconnu des fins connaisseurs qui auront reconnu ici celui de la demeure où séjournait Gabrielle Chanel à Roquebrune-Cap-Martin dès 1929.

Nous voilà transporté dans un univers littoral, un vrai retour à l’essence même d’un défilé croisière mais aussi un retour aux essentiels Chanel avec des clins d’œil plus qu’évidents aux inspirations iconiques de Coco Chanel en particulier le milieu marin avec marinières et autres couleurs emblématiques bleu, blanc, rouge dès les premières silhouettes. Les ensembles sont accessoirisés de Bérets, autres grands classiques, présentés ici en version très couture avec broches et cristaux: des touches qui l’air de rien rappellent que la parisienne impose son style même loin de chez elle. Les combos pantalon fluide à rayures et maxi pull au logo Chanel et au « La Pausa » apposés côtoient les ensembles pantalon-veste boléro en tweed. Le tweed, toujours et encore… avec des vestes oversize aux teintes beiges et autres robes aux manches à ballons portées sur des collants opaques blancs, esprit baby doll (oubliez le bronzage des gambettes !). La touche bord de mer se retrouve également avec les canotiers surmontés de pompons de couleur.

Une fois les premières silhouettes admirées, d’autres arrivent plus audacieuses. Des couleurs acidulées (jaune, bleu ciel, rose poudré) se faufilent sur des robes style 80’s dans des touches arty, tandis que les fameuses rayures tricolores bariolent une robe en PVC. Plus étonnant encore on retrouve un mélange Denim déchiré, effiloché et cuir pour un look plus citadin que tenue de vacances, associé à des lunettes de soleil rondes, vues sur plusieurs mannequins, de même que des bijoux XXL.

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©Chanel

Une touche citadine qui ne reste qu’une parenthèse quand des looks plus « bord de mer » pointent de nouveau le bout de leur nez le long de la promenade avec un motif graphique lumineux blanc et bleu Klein travaillé en transparence, sur des volants, en superposition et volumes volontairement disproportionnés.

Enfin, à l’approche de la clôture du show, des modèles en tweed aux couleurs minérales, aux broderies très fournies rappellent la collection croisière de l’année dernière d’inspiration antique.

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©Chanel

On retiendra également les accessoires, en particulier ce petit sac-bouée adorable habillé des inscriptions La Pausa et du célèbre double C.

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©Chanel

Du côté de chez Dior, Maria Grazia Chiuri nous donnait rendez-vous le 25 mai à Chantilly, ville choisie spécialement pour son histoire: à la fois lieu phare de l’univers équestre et du savoir faire français (la dentelle). Encore un retour aux sources et aux premières inspirations des couturiers des grandes maisons en l’occurrence ici Christian Dior qui avait déjà pour sa collection automne/ hiver 1947-1948 rendu hommage à cette ville. Nous voilà installé dans un manège équestre reproduit au sein des écuries. En ouverture du défilé sous une pluie battante, huit Escaramuzas ( des écuyères mexicaines qui pratiquent un rodéo acrobatique autrefois réservé aux hommes) entrent en scène.

C’est par ce qui se dégage de ses femmes, de leur force, de leur volonté à préserver leur féminité lors de leur activité physique qui inspire la créatrice pour ce Diorodéo. Un hommage à ces femmes, à toutes les femmes en général comme avec les chapeaux inspirés directement des personnages féminins du roman La maison aux esprits d’Isabel Allende.

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©Dior
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©Dior

L’hommage aux savoirs faire français quant à lui se poursuit avec la star de ce défilé croisière: la toile de Jouy – une toile de coton décorée de dessins en général monochromes- que l’on retrouve sur un cabas, une maille ou un jupon. Beaucoup de jupons justement, travaillés en opulence, longueur midi, tour à tour en transparence, en superposition, à volants dans une dentelle noire ou dans du cuir plissé. Une matière que l’on retrouve avec un bustier ultra moulant style armure, s’arrêtant à la naissance des hanches, par-dessus une chemise aux manches bouffantes et un jupon tout en voile blanc. Un vrai jeu de volumes.

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Le temps de quelques passages avec des silhouettes plus aériennes et vaporeuses dans du tulle, soulignées en taille empire par de larges ceintures bijoux et nous voilà reparti pour un tour de manège (équestre). Des références explicites aux tenues des cavaliers mixées à des vestes Bar, des cravates et bottes en caoutchouc pour un masculin-féminin tout en nuances.

Gros coup de cœur aussi pour les accessoires ( les boucles d’oreilles XXL) et le clin d’œil des coiffures des mannequins qui arboraient de longues chevelures nouées en queue de cheval. Le tout est sobre et élégant.

Enfin, chez Louis Vuitton, c’était le 28 mai dernier que se sont pressées les célébrités -et égéries de la maison- parmi lesquelles Emma Stone, Isabelle Huppert, Sophie Turner, Justin Theroux… à la fondation Marguerite et Aimé Maeght, lieu de prédilection de l’art moderne et contemporain. Preuve une fois encore si cela devait encore être confirmé du lien (d’amour-haine) sous entendu entre art et mode. Une question abordée sans cesse et déjà exploitée au sein de la maison Vuitton avec la collection capsule de maroquinerie en collaboration avec l’artiste Jeff Koons (pour en savoir plus, allez jeter un coup d’œil à l’article sur le sujet 😉 ).

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©Louis Vuitton

Le mot-clé de ce défilé croisière était l’excentricité sous toutes ses formes, dixit Nicolas Ghesquière (directeur artistique des collections femme depuis déjà 2013 et renouvelé il y a peu). Un mélange explosif mais maîtrisé avec un croisement des temporalités et des associations improbables, le tout sur le son hype de Woodkid. Les 90’s côtoient le style antique ou les années 1920 (plusieurs déshabillés très féminins)…Les silhouettes présentent un travail de volumes et de superposition avec des proportions réinterprétées: mini jupes et vestes crop aux épaules carrées, des chemises courtes sur d’autres plus longues et imprimées, des manches extra longues ou calypso… un mixe de motifs osés: prince de galles et jacquard, rayures et petits pois… portées avec des cuissardes.

Quelques silhouettes inspirations antiques passent comme des mirages dans le labyrinthe de Miró avec leurs robes plissées virginales et leurs dessins énigmatiques sur le visage. Une atmosphère mystique comme pour rappeler le jeu du temps avant de très vite s’évaporée pour terminer sur une touche colorée dans un méli-mélo de plumes.

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©Louis Vuitton
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©Louis Vuitton

Le plus: la collection capsule d’accessoires de Grace Coddington (ancienne rédactrice en chef de vogue US, rien que ça) qui habille les mannequins de sacs à l’effigie de ses chats !

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©Louis Vuitton

Les collections croisière se poursuivent du côté de ces messieurs chez Givenchy ou encore Balmain, peut être l’occasion de voir ce qui s’y passe dans un prochain article !

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